Trauma et Choc Émotionnel

Quand le passé envahi le présent

Certaines expériences de vie continuent à avoir un impact bien après les événements eux-mêmes.

Accident, agression, deuil, maladie, séparation, harcèlement, violences psychologiques ou physiques… il arrive que le temps ne suffise pas à apaiser ce qui a été vécu.

Parfois, des événements qui peuvent sembler anodins pour d'autres ont laissé une empreinte durable et continuent à influencer le quotidien.

Le traumatisme n'est pas seulement dans l'événement, mais dans la trace qu'il laisse dans le corps, les émotions et la manière d'être au monde.

Comment un traumatisme peut-il se manifester ?

Les conséquences d'un traumatisme ou d'une expérience difficile peuvent prendre des formes très diverses. Elles peuvent avoir un impact :

sur le mental
  • souvenirs envahissants
  • ruminations
  • hypervigilance
  • perte de confiance, d'estime de soi
  • pensée 
sur les émotions
  • anxiété / angoisse
  • irritabilité ou colère
  • dépression
  • stress chronique
sur les comportements
  • évitements, phobie
  • difficultés relationnelles
  • addiction / compulsion
  • TOC
sur le corps
  • douleurs au ventre / problèmes digestifs
  • fatigue
  • douleurs articulaires, musculaires
  • problèmes de peau
  • ...

Il n'est pas nécessaire d'avoir vécu un événement exceptionnel

Un traumatisme ne dépend pas uniquement de la gravité objective d'un événement. Le trauma ne relève pas que des conséquences d'une guerre, d'un attentat, ...

J'entends souvent au cabinet presque des phrases d'excuses, comme : 

  • "Pourquoi je me mets dans cet état ? Ce n'est pas si grave." 
  • "D'autres ont subi pire que moi. Je ne devrais pas me plaindre."
  • "Untel a vécu la même chose, mais cela ne l'affecte pas."
  • "Je ne comprends pas pourquoi cela me touche encore aujourd'hui."

Deux personnes confrontées à la même situation peuvent ainsi réagir très différemment.

Tout dépend de la manière dont la situation a été vécue, des ressources disponibles à ce moment-là et de l'histoire de chacun. 

Parfois le système nerveux sature. Il n'arrive pas / plus à digérer les événements qui restent bloqués dans une sorte d'éternel présent. C'est le trauma.

La souffrance ne se mesure pas à la gravité objective ou intellectuelle d'un événement, mais à la manière dont il a été vécu et intégré par la personne.

Quelles expériences peuvent laisser une empreinte durable ?

Nous associons souvent le traumatisme à des événements exceptionnels. Pourtant, de nombreuses expériences de vie peuvent laisser une empreinte émotionnelle durable lorsqu'elles dépassent nos capacités d'adaptation à un moment donné.

Par exemple :

  • un accident, une maladie ou une intervention médicale
  • un deuil, une séparation ou un abandon
  • du harcèlement scolaire ou professionnel
  • des humiliations répétées, des critiques ou du rejet
  • des violences psychologiques, physiques ou sexuelles
  • avoir grandi dans un climat d'insécurité, de conflits ou d'imprévisibilité
  • avoir dû prendre très tôt des responsabilités d'adulte
  • avoir vécu auprès d'un parent souffrant, absent ou émotionnellement indisponible
  • certaines expériences vécues durant l'enfance, même lorsqu'elles semblent aujourd'hui « normales » ou « sans gravité »

Des changements sont possibles

Lorsque certaines difficultés sont présentes depuis de nombreuses années, il est fréquent d'avoir le sentiment d'être bloqué, de tourner en rond ou d'avoir déjà tout essayé.

Certaines personnes pensent également qu'il est « trop tard » pour changer ou qu'il est impossible de se libérer d'événements anciens.

Pourtant, il n'existe pas de délai pour travailler sur une expérience difficile. Qu'un événement ait eu lieu il y a quelques mois ou plusieurs dizaines d'années, il reste possible de favoriser son intégration.

Les connaissances actuelles sur le fonctionnement du cerveau montrent que celui-ci conserve, tout au long de la vie, une capacité de changement et d'adaptation : c'est ce que l'on appelle la neuroplasticité.

L'EMDR / INE s'appuie notamment sur cette capacité naturelle du cerveau à traiter et intégrer les expériences vécues.

Lorsqu'un événement dépasse les capacités d'adaptation d'une personne à un moment donné, les mécanismes naturels d'intégration peuvent être perturbés. L'expérience reste alors comme « figée » et continue d'influencer les émotions, les sensations corporelles, les pensées et les comportements dans le présent.

L'objectif du travail thérapeutique n'est pas d'effacer le passé ni d'oublier ce qui a été vécu, mais de remettre en mouvement les processus naturels d'intégration afin que l'événement puisse être vécu comme appartenant au passé et ne limite plus la vie présente.

Même lorsque l'on a l'impression d'être bloqué depuis longtemps, des changements restent possibles. 

Le travail ne consiste pas à oublié l'événement, mais à désactiver sa charge émotionnelle et à le remettre à sa place dans notre histoire. Il n'a alors plus d'impact sur le présent.